Cela sera le fléau du XXIe siècle. Chaque année, la pollution de l’air fait 7 millions de morts selon un nouveau bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 90 % surviennent chez des populations à faibles revenus, principalement en Afrique et en Asie. Une grande conférence sur la sujet aura lieu fin octobre à Genève.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la pollution de l’air. Selon une étude publiée mercredi 2 mai, la pollution a tué dans le monde 7 millions de personnes en 2016, un chiffre extrêmement élevé et en hausse. "Les particules fines contenues dans l’air pollué pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire, ce qui cause des affections comme les accidents vasculaires cérébraux, les cardiopathies, les cancers du poumon, les bronchopneumopathies et les infections respiratoires, notamment la pneumonie", explique l’OMS.
La pollution de l’air ambiant – causée par les secteurs des transports, de l’industrie, de l’agriculture et les centrales électriques au charbon – est responsable à elle seule d’environ 4,2 millions de décès en 2016, alors que la pollution de l’air à l’intérieur des habitations due à l’utilisation de combustibles et de technologies polluantes a causé environ 3,8 millions de décès pendant la même période.
9 personnes sur 10 respirent un air pollué 
"La pollution de l’air est une menace pour nous tous, mais les populations les plus pauvres et les plus marginalisées sont les premières à en souffrir",  explique le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. Plus de 90 % des décès dus à la pollution de l’air se produisent en effet dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement en Asie (4 millions de décès) et en Afrique (1 million de décès).
Par ailleurs, 9 personnes sur 10 respirent quotidiennement un air pollué. "De nombreuses mégalopoles du monde entier – telles que New Delhi, Pékin, Shanghaï, Lima ou Mexico – présentent des résultats 5 fois supérieurs aux niveaux fixés par l’OMS pour la qualité de l’air, ce qui représente un risque majeur pour la santé des populations", explique le Dr Maria Neira, directrice du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé à l’OMS.
40 % de la population cuisine à partir de sources polluantes
Actuellement , plus de 40 % de la population mondiale n’a toujours pas accès à des combustibles et à des technologies de cuisson propres à leur domicile, alors qu’il s’agit là de la principale source de pollution de l’air à l’intérieur des habitations. "On ne peut pas accepter que plus de 3 milliards de personnes – surtout des femmes et des enfants – continuent de respirer tous les jours des fumées mortelles émises par des fourneaux et des combustibles polluants à l’intérieur de leurs habitations. Si nous n’agissons pas très vite, le développement durable restera une chimère." La pneumonie est ainsi la principale cause de mortalité chez les moins de 5 ans. 
Dans les villes des pays européens à revenu élevé, il a été prouvé que la pollution de l’air diminuait l’espérance de vie moyenne de 2 à 24 mois, en fonction des niveaux de pollution. "La bonne nouvelle est que les gouvernements sont toujours plus nombreux à s’engager davantage pour la surveillance et la réduction de la pollution de l’air, et que des secteurs comme la santé, les transports, le logement et l’énergie agissent davantage à l’échelle mondiale", précise le Dr Tedros.
Cette année, l’OMS organisera à Genève la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé début novembre. Par ailleurs, un recours pour "carence fautive" de l’État dans la lutte contre la pollution va être déposé par des habitants de la vallée de l’Arve en France et une marche "des cobayes" est partie de Fos-sur-Mer cette semaine pour rejoindre Bruxelles afin de dénoncer ce problème devenu majeur.
Concepcion Alvarez, @conce1

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