
Gisèle Pelicot va publier ses Mémoires. Selon un article du Monde, son éditeur britannique, The Bodley Head, l'a annoncé le 20 mars. L'ouvrage devrait paraître le 27 janvier 2026 à travers 20 traductions différentes dont en anglais, sous le titre A Hymn to Life («un hymne à la vie»). Le titre français n'a pas encore été dévoilé mais la date de publication française est prévue pour le 28 janvier.
Dans le communiqué publié par la maison d'édition, les motivations de cet ouvrage sont expliquées par Gisèle Pelicot elle-même. «Je suis immensément reconnaissante du soutien extraordinaire que j’ai reçu depuis le début du procès, a-t-elle déclaré, citée dans le communiqué. Je souhaite raconter mon histoire avec mes propres mots. En partageant ce récit, j’espère transmettre un message d’espoir et de courage à tous ceux qui traversent des épreuves difficiles au cours de leur existence. En espérant qu’ils ne ressentent jamais de honte.»

Pour rappel, le 19 décembre dernier, après quatre mois de procès, le mari de Gisèle Pelicot a été condamné à 20 ans de réclusion pour viols aggravés sur sa femme. Par ce jugement, Dominique Pelicot était reconnu coupable d'avoir droguée son épouse, de l'avoir violée et de l'avoir faite violer par au moins 51 autres hommes, tous reconnus coupables par la cour.

Invraisemblable d'imaginer que certains pourraient avoir le moindre mot déplacé -pour le moins ne public- à l'encontre de cette femme dont le courage a été mainte et mainte fois salué durant tout le procès. Elle qui avait refusé le huit clos "pour que la honte change de camp", avait-elle expliqué alors dans cette phrase devenue un slogan féministe.
Et pourtant, sur les réseaux sociaux, l'annonce de la publication de ses Mémoires suscite des commentaires immondes. Sur Tiktok, Robin Grimaldi en a recensé quelques uns et s'en est fait l'accusateur. Certains remettent en question le fait que Gisèle Pelicot n'est véritablement aucun souvenir des sévices qu'elle a subis alors même qu'elle était sédaté. "Elle se souvient maintenant, incroyable" ou encore "Elle retrouve la mémoire grâce à un livre", vomissent certains en commentaires. Un certain Gérard estime, lui, qu'il n'est "toujours pas convaincu", tandis qu'un autre abonné affirme : "depuis le début cette dame est attirée par le pognon... Je ne sais pas si son livre lui permettra de se faire une tirelire... enfin la mémoire semble être revenue...".
Difficile de garder son sang froid devant un tel niveau d'imbécilités. Pourtant ces commentaires sont le triste de la misogynie ambiante de notre société qui ne croit pas les femmes lorsqu'elles se disent victimes de violences sexistes ou sexuelles et ce malgré les preuves irréfutables et la condamnation de leurs agresseurs. Face à ce fléau, nul autre choix que de continuer de faire entendre la voix des femmes.