Emmanuel Macron : un candidat engagé pour la nature et le bien-être animal

Sébastien Mabile, avocat, Maître de conférences à Sciences Po

Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde

Sylvie Rocard, administrateur de la Fondation Brigitte Bardot

     

 

Thème confidentiel de la campagne, la protection de la nature demeure un enjeu prioritaire et nécessite un engagement politique fort pour mettre un terme à la sixième phase d’extinction de masse des espèces, dont l’humain est l’unique responsable. Emmanuel Macron affirmait dans Les Echos que « la transition écologique, c’est la grande affaire du siècle ». Affaire économique sans aucun doute, mais également éthique, tant notre responsabilité à l’égard de la disparition des espèces ou de la souffrance animale est grande. Gandhi affirmait que « la façon dont une nation s’occupe des animaux reflète fidèlement sa grandeur et sa hauteur morale ». 

 

Les espèces, l’eau et l’air ne connaissant pas les frontières, toute politique de protection de la nature doit d’abord s’appréhender dans un cadre européen et international. Les conventions internationales et directives communautaires constituent les premiers outils d’une politique efficace, appréhendant les espèces dans leur habitat, lequel couvre parfois des océans ou des continents entiers. Aussi, tout repli nationaliste est voué à l’échec. L’hostilité de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen à l’égard des politiques communautaires traduit une méconnaissance des dispositifs européens mis en place pour protéger les espèces sauvages et leurs habitats. Emmanuel Macron souhaite au contraire renforcer ce mouvement en organisant une grande conférence internationale sur la biodiversité et impulser une mobilisation mondiale identique à celle du climat. Nos océans en particulier, biens parmi les plus précieux, devront faire l’objet d’une protection renforcée.

 

Il est également le seul candidat à proposer de renforcer la lutte contre le commerce illégal d’espèces protégées, à vouloir soutenir la lutte contre le braconnage en Afrique ou en Asie et lutter contre les trafics d’animaux en Europe. Il n’est pas admissible que des êtres vivants soient l’objet de tels trafics, pour alimenter des filières de fourrures ou de produits prétendument médicinaux.   

 

Exiger des autres Etats, notamment africains, de protéger leur faune sauvage suppose d’accepter, ici, la cohabitation avec les derniers grands prédateurs que sont l’ours, le loup ou le lynx. Emmanuel Macron va poursuivre le programme de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées qu’il chérit tant. L’Agence française pour la biodiversité, créée par une loi du 8 août 2016 à laquelle l’ensemble des parlementaires Républicains et Front national étaient opposés, sera ainsi renforcée. Qualifiée par François Fillon de « gadget écologique », l’Agence sera consolidée, particulièrement dans les outre-mers qui concentrent la part la plus riche et précieuse de la biodiversité. 

 

Protéger la nature, c’est aussi protéger les habitats naturels. Là encore, Emmanuel Macron est le seul à s’engager pour un objectif ambitieux de zéro artificialisation nette des sols à travers de nouveaux contrats de transition écologique avec les régions, au-delà des propositions de M. Mélenchon. Il s’agit d’un enjeu essentiel quand on sait que c’est l’équivalent de la surface d’un département qui disparaît tous les 10 ans sous la pression foncière. La sauvegarde des espaces naturels inclura les terres agricoles et profitera aussi aux agriculteurs. Ces derniers seront rémunérés, à hauteur de 200 millions d’euros par an en échange des services environnementaux rendus. 

 

Protéger les animaux, c’est également améliorer le bien-être animal. Ce thème est cher à Marine Le Pen quand il s’agit de critiquer l’abattage rituel, alors qu’elle s’est constamment opposée au parlement européen à toute amélioration du traitement des animaux d’élevage. Emmanuel Macron propose lui d’accompagner les éleveurs pour moderniser leurs exploitations et améliorer le bien-être des animaux. 5 milliards d’euros seront mobilisés dans ce plan de transformation agricole qui contribuera à atteindre l’objectif de 50% de produits bio, de labels de qualité ou de circuits courts dans la restauration collective et scolaire. 

 

Le respect des animaux de ferme doit l’être jusqu’à la mise à mort. La question du maintien de l’abattage sans étourdissement devra inévitablement se poser, eu égard à la souffrance endurée. Emmanuel Macron s’est engagé à généraliser la vidéosurveillance dans les abattoirs et souhaite renforcer les méthodes de remplacement d’expérimentation animale qui n’impliquent aucun animal, vivant ou tué. Nous saluons ces deux prises de positions et appelons à lancer la réflexion concernant le rôle des associations spécialisées. Leurs salariés constituent de véritables lanceurs d’alerte et doivent être protégés pour permettre aux associations de se constituer partie civile dès lors que des infractions seront dénoncées.

 

Emmanuel Macron affirme que la « bienveillance » constitue sa règle. Cette bienveillance se diffusera ainsi dans l’ensemble des composantes de la société, y compris vers les non humains qui méritent aussi respect, attention et considération. 

 

« C'est une triste chose de songer que la nature parle, et que le genre humain n'écoute pas » disait Victor Hugo. 

 

A nous dans cette campagne de l’écouter. A nous d’être bienveillants à son égard et de changer nos comportements. A nous d’en prendre soin. En Marche !